C’est qui « nous » ?

La « marche de la dignité » qui a trottiné il y a une semaine, le 31 Octobre 2015, a soulevé quelques passions (mais pas trop, il n’y avait que 10 000 participants (au plus), c’était donc pas la grosse teuf). Pourtant elle a bénéficié d’un soutien extrêmement large et de l’appui de médias divers : mediapart (deux fois), le monde, l’humanité, france inter, et j’en passe, sans parler des personnalités politiques ou non qui ont soutenu. Bref, on pourrait dire qu’on s’en fiche mais comme cela permet de mettre au clair quelques réflexions sur la question du racisme, allons-y alonzo !

Les deux mains gauches :

En fait, cet article est dans la continuité de celui sur le voile, il sera plus directement politique. On me dit ici et là qu’il faudrait adopter une autre représentation du racisme et conséquemment une autre stratégie politique que celle qui prévalait jusqu’ici (rappelons que la marche des beurs ça date de 1983, les collectifs anti-racistes c’est pas absolument nouveau, tout de même). Ce qui est nouveau dans ces manifestations anti-raciste (se disant telles), c’est la mise en avant de la race. Bien sûr les questions de retournement du stigmate ne sont pas nouvelles et c’est probablement une très bonne chose.

Stigmate - Irving Goffman - 1963 (!)

Stigmate – Irving Goffman – 1963 (!)

Le beau film Pride nous donne une idée de comment ce qui est au départ une insulte ou un qualificatif dévalorisant peut être Prideapproprié par ceux qui sont insultés pour devenir ensuite un motif de fierté, désamorçant l’insulte et la révélant comme purement conventionnelle. Procédure qui permet en outre de donner de la force à tous ceux qui se sentiraient écrasés par une oppression spécifique : « When you’re in a battle against an ennemy so much bigger, so much stronger than you, and you find out a friend who existed, that’s the best feeling in the world » (pardonnez la mauvaise transcription si jamais, mais bon, entendre paddy Considine dire ça, ça fait des frissons) soit en gros : « quand vous êtes dans une bataille contre un ennemi immense, tellement plus fort que vous, et que vous vous découvrez un ami, c’est le plus beau sentiment du monde » (oui, j’ai fait des années de version). Et c’est là qu’on voit que les Anglais savent faire des films (on remarquera que la personne au premier plan sur l’affiche est une femme, et pas un objet sexuel, pas mal non ?).


Bien, revenons à nos moutons. Une race c’est une construction fantasmatique qui n’a rien à voir avec une quelconque nature. Lorsque l’on dit « noir » on fait référence à la couleur de peau mais ce n’est pas parce qu’ils sont noirs qu’ils sont discriminés, c’est parce qu’ils sont discriminés qu’ils sont noirs. Pour s’en convaincre, qu’il suffise de rappeler que les immigrants italiens au début du XXe siècle aux États-Unis étaient qualifiés de « dark skinned » (peau foncée). On peut donc reprendre la définition de Erving Goffman concernant le stigmatisé :

« se définit comme n’étant en rien différent d’un quelconque être humain, alors même qu’il se conçoit (et que les autres le définissent) comme quelqu’un à part. »

On est donc d’accord là-dessus : le stigmatisé n’a rien d’essentiellement différent, le stigmate, ou la race, est une « marque » que la société place sur certains en faisant d’éléments en eux-mêmes neutres des « signes » de l’infériorité, de l’infamie ou de la non appartenance à une commune normalité. La race n’a pas, pour autant, rien de réel : comme toute construction sociale elle s’objective dans des rapports sociaux réitérés et elle s’impose à des individus : « race » ne désigne pas une réalité biologique, race désigne un qualificatif qui subsume des caractéristiques visibles mais non signifiantes sous un même terme et les font donc devenir saillantes : c’est pourquoi on dira par exemple des noirs et des arabes qu’ils sont « racisés ». Les races existent alors, en un sens social, et elles existent d’autant plus qu’elles deviennent des grilles de lecture que les acteurs trouvent pertinentes pour lire la réalité sociale.

Puisque les races existent en un sens sociologique (bien que ne faisant pas de la sociologie), ne devrait-on pas, alors, lire le monde social sous le prisme de la race ? Il existe une domination qui soumet les racisés à des discriminations de toute nature (par exemple pour accéder à un logement ou un emploi), il semblerait donc que ce soit une sacrée hypocrisie que de faire ensuite comme si ça n’existait pas. Sauf que, ici comme ailleurs, il y a le niveau sociologique et le niveau politique. On peut être méthodologiquement holisme et politiquement individualiste – les durkheimiens ne s’en privaient d’ailleurs pas -, cela permet simplement de prendre en compte les conditions de possibilités d’un individualisme réel : non, on ne peut pas être un individu autonome si on a pour seule instruction le curé qui vous sermonne tous les dimanches. Ici, on peut très bien noter les différences de traitement en ce qui concerne votre couleur de peau sans pour autant assigner l’individu à la réalité sociale qu’on dénonce ! Et c’est, il me semble, là que le bât blesse. Observons par exemple cette séquence :

Pour ceux qui lisent cet article au boulot, sous l’océan ou sur leur téléphone intelligent (des années de version, je vous dis), je résume : Rokhaya Diallo (qui se rattrape ensuite sur le symbolique) critique l’émission « C à Vous » où la noire et l’arabe sont à la cuisine pendant que les blancs discutent. Bon, au delà de l’allusion à une situation coloniale (comme quoi rien n’a changé ma brave dame) ; il me semble qu’il y a un sacré problème à lire les participants de cette manière. D’abord ce ne sont pas « juste » des bobonnes sous-payées et exploitées : je ne connais pas Luana Belmondo mais Babette de Rozières m’a l’air d’être tout sauf une pauvre africaine arrachée à sa culture pour servir la soupe à des blancs riches et méprisants. D’abord elle a son émission, où elle ne se prive pas de montrer les richesses culinaires des Antilles ; ensuite elle s’engage sur la liste de Valérie Pécresse aux régionales. Visiblement, en caricaturant un peu, elle a tout à fait su « s’intégrer » (surprise) sans rien perdre de son identité. Lorsque l’on parle d’intégration, il n’est donc pas question d’arracher les immigrés, les descendants d’immigrés, les racisés à leur culture pour les faire rentrer de force dans la culture française hégémonique et millénaire (bien que ça puisse être le cas lorsque certains parlent d’intégration, je ne le nie pas). Alors bien sûr, on m’objectera, à raison que j’ai utilisé un argument contraire dans l’article sur le voile : disant que les opprimés peuvent tout à fait adopter le langage de l’oppression ; rien ne prouve en effet que Babette de Rozières n’est pas l’équivalent de Samuel Jackson dans Django – on pourrait montrer que le contrôle réel qu’il a sur l’exploitation doit se camoufler derrière des apparences de singe et de vieux fou. Or, la cuisinière de C à vous n’a pas du tout les mêmes caractéristiques : d’abord elle ne fait le singe pour personne, ensuite elle affiche clairement ses intentions. C’est le problème lorsqu’on applique une grille de lecture de la domination à des personnes individuelles : on nie leur parole, vous ajoutez à la domination comme phénomène sociologique la suppression de leur propre singularité ; vous faites du holisme politique alors que vous prétendiez donner du pouvoir aux individus. Or, contrairement au genre ou à la domination économique, la race ne repose sur aucun élément juridique, c’est une construction fantasmatique, non sans effet, mais qui doit, pour s’objectiver, partir des assignations des individus eux-mêmes. Si vous leur assignez une identité de racisé, 1/ vous les forcez à endosser une identité qu’ils ne désirent pas forcément ; 2/ vous faites advenir la race.

En somme, les revendications du Parti des Indigènes de la République sont des revendications identitaires. Or l’identité peut se définir comme le croisement entre un sentiment personnel et une assignation de la part de la société. Lorsqu’il n’y a pas adéquation entre le sentiment personnel et l’assignation, cela peut être extrêmement violent pour la personne concernée. Or, apparemment, l’identité prime sur tout le reste. Parce que l’identité est ensuite élevée au rang d’étendard communautaire : on le sait depuis Barrès, au fond du Moi gît la communauté. Mais les revendications identitaires dont se réclament le PIR sont exclusives pas inclusives : il n’y a qu’une façon d’être noir et vous êtes noir avant tout. Mais qui décide pour qui de la hiérarchie des identités ? Pourquoi ne pourrais-je pas me définir « cadre » d’abord puis ensuite « noir », voire ne pas me voir comme noir du tout ? Bien sûr, c’est plus facile pour un cadre de le faire que pour un élève d’origine sénégalaise en ZUS, mais doit on assigner tout le monde à sa noiritude sous prétexte que certains y sont sans cesse renvoyés ? Ne devrait-on pas plutôt réclamer de ne pas être renvoyé à sa couleur de peau sans arrêt. N’est-ce pas ça l’idéal d’humanité universel qui sous-tend l’individualisme politique ? Nous sommes d’abord des individus avec des attributs avant d’avoir des attributions, nous sommes donc libres de choisir nos appartenances et ce sont nos choix seuls qui définissent ce que nous sommes. Cela signifie, que nous sommes d’abord des humains avant d’être Français, mais être Français est le moyen par lequel nous pouvons prétendre à l’universel. C’est pourquoi je renvois dos à dos aussi bien la marche de la dignité du 31 Octobre que le vocabulaire utilisé par le Préfet des hauts-de-Seine lors d’une (et une seule, p. 172, merci Clément)  cérémonie de naturalisation :

En sollicitant la nationalité française, vous avez exprimé le désir d’adhérer aux valeurs fondamentales de la République et aux règles de la démocratie. Certains d’entre vous viennent de pays où, par tradition, l’inégalité entre l’homme et la femme est la règle. Vous avez fait un choix de société. L’acceptation de votre demande montre que vous avez suffisamment adopté le mode de vie et les coutumes de notre pays, non pas au point de ressembler complètement aux Français de souche mais cependant assez pour que vous vous sentiez à l’aise parmi nous. Vous êtes le lien entre les communautés étrangères et les Français d’origine.

L’expression « Non pas au point de ressembler complètement aux Français de souche » me paraît tellement incroyable que j’en ai mal à ma France (Sarah Mazouz, Didier Fassin, « Qu’est-ce que devenir français ? La naturalisation comme rite d’institution républicain », Revue Française de Sociologie 47-4, 2007, sachant que Fassin est assez malhonnête car ce n’est pas du tout un discours systématique).


Cette faute politique s’ajoute à une autre qui consiste à faire des racisés des acteurs n’ayant qu’une identité, au détriment de toutes les autres, et donc à ne comprendre l’intersectionnalité que par rapport au pouvoir oppresseur « mâle blanc hétérosexuel… etc » en oubliant ou en feignant d’oublier les oppressions spécifiques aux cultures des racisés : Rokhaya Diallo déjà citée s’en est fait une petite spécialité : vous apprécierez sa façon d’ironiser sur les victimes de viol. Il y a là une sorte d’essentialisme sociologique extrêmement dangereuse. On appréciera aussi les propos d’Houria Bouteldja du 6 Novembre 2012 dans Ce soir ou Jamais, la fameuse émission de Taddéï (je précise d’ailleurs que le reste de son écrit est d’une grande qualité, quoi que je ne sois d’accord avec rien) :

Moi je n’ai pas d’avis sur la légitimité ou pas des revendications homos, en revanche j’ai un avis sur l’universalité de la revendication identitaire homosexuelle. Moi je vais vous le dire un peu brutalement, je ne suis pas concernée pas ce débat. Je ne suis pas concernée par ce débat parce que ma parole est particulière et qu’elle est située quelque part. Il y a un certain nombre de positions qui se sont exprimées ici et en France quand on s’exprime sur cette question, on est soit à droite, soit à gauche, soit on est progressiste soit on est réactionnaire. En ce qui me concerne, je ne suis pas du tout là dedans [c’est son droit]. Je suis même en dehors de tout ca puisque ma parole est située quelque part politiquement. Je suis située dans l’histoire de l’immigration post-coloniale et dans les quartiers populaires. Si on m’interroge sur cette question, là où je suis, parce que je n’ai pas un avis universel, là où je suis, je dis, cette question ne me concerne pas. Parce que si on prend un micro et qu’on va dans les quartiers, au Mirail à Toulouse, au Mas du Taureau à Lyon, à la cité du Luth à Gennevilliers et qu’on demande aux gens « c’est quoi vos problèmes ? » les réponses spontanément, prioritairement ce sera le logement, le harcèlement policier, ce sera les discriminations, le chômage, ce sera un tas de questions liées à la vie du quotidien, cette question (du mariage gay) n’apparaîtra pas, j’en fais le pari. Ca ne signifie pas qu’il n’y a pas de pratiques homosexuelles dans les quartiers, ca signifie qu’elle n’est pas prioritaire et qu’on a d’autres choses beaucoup plus importantes et urgentes. La seconde chose, c’est que je ne crois pas à l’universalité de l’identité politique homosexuelle. C’est-à-dire que je fais la distinction entre le fait qu’il peut y avoir des pratiques homosexuelles effectivement dans les quartiers ou ailleurs mais que ça ne se manifeste pas par une revendication identitaire politique. Celle-ci n’est pas universelle. Et moi je fais un peu ce reproche là au débat politique français, il considère, dans les milieux homosexuels, majoritairement, et c’est ce qu’on appelle homonationalisme et que je préfère appeler homoracialisme qui consiste à considérer que lorsqu’on est homosexuel, on doit faire son coming out et les revendications qui vont avec.

On peut effectivement penser qu’il y a une spécificité de l’homosexualité dans les « cités » mais dire que parce que ce n’est pas dans l’agenda politique des homosexuels des banlieues, je trouve ça incroyable. Jusqu’à preuve du contraire nous sommes dans un état de droit (peut-être pas suffisamment étant donné la violence policière pour laquelle je n’ai pas de renseignements particuliers, je laisse donc aux manifestants du 31 Octobre le bénéfice du doute, il n’y a pas de raisons qu’ils se trompent sur des faits, mon propos porte sur l’évaluation des faits et des conduites politiques à tenir), ainsi lorsqu’une partie de la population obtient des droits elle les obtient pour tout le monde, et même si c’étaient des membres de Génération Identitaire (tiens…) qui avaient obtenu l’extension du mariage aux couples de même sexe, et bien ils l’auraient obtenu pour TOUS les couples de même sexe. Ce qui n’empêche pas qu’il reste sans aucun doute des problèmes spécifiques aux homosexuels des cités à régler, ce qui n’empêche pas des groupes politiques des cités de s’emparer du problème et de le porter à un niveau national et plus universel, voire à montrer comment le droit actuel autorise une domination plus complète de certains homosexuels (par exemple ceux des cités) comme on pourrait le faire (et comme ce qui se fait) pour la très grande licence laissée aux policiers dans les procédures de justice (maître eolas s’en émeut très souvent, à raison à mon avis).

Ce n’est pas parce qu’on est situé socialement que l’on est immédiatement situé d’une certaine façon politiquement : les pays arabes ont pratiqué l’esclavage, Olympe de Gouges qui défendait les esclaves était plutôt blanche. Le privilège de la première personne c’est le « privilège » de savoir combien est aigüe la douleur, ce n’est pas le privilège de détenir la vérité sur sa situation, sinon on ne voit pas bien pourquoi la domination existerait. En somme, en l’espèce, il faut distinguer les questions relevant de la science en train de se faire (science studies) qui est la façon dont on se pose des questions et comment certaines questions arrivent à la conscience collective et pour cela la question du point de vue a une importance capitale, de la question de l’épistémologie (et pas de l’epistemology) qui se pose la question de l’accès à la vérité. Si la vérité dépend de sa position sociale alors il n’y a pas de science possible et toute tentative de discours de vérité n’est que (bien entendu, c’est cela aussi) une exhortation politique tentant de faire advenir l’ami et l’ennemi : « je sais que je n’hésiterai pas à sacrifier nos alliés blancs et disons plus largement l’opinion blanche de gauche acquise à la lutte des homos. ». Mais quelle vérité nous permet d’affirmer (source) que :

  • une femme noire ne pourrait-elle pas être associée à des symboles républicains ? Qui décide de cette exclusion et à quel titre ? Une femme noire ne doit-t-elle symboliser que le racisme / l’antiracisme ?
  • une femme noire serait d’abord noire, puis femme, puis lesbienne ? Qui décide de cette hiérarchie ?
  • une femme métisse, est-elle assignée à la « race » noire  ou peut-elle choisir l’autre moitié, voire  s’en moquer ?
  • une femme qui a l’apparence d’une femme « non-racisée » mais qui ne l’est pas, va-t-elle devoir présenter son arbre généalogique et certificat de naissance avant de pouvoir  rejoindre les luttes antiracistes ?
  • toute femme « racisée » est-elle toujours plus légitime à parler du racisme qu’une femme qui ne l’est pas mais, conscientisée, est engagée pour l’égalité ?

Ces assignations autoritaires basées exclusivement sur la « race » visible / supposée, d’une personne, ont des relents de racisme ; les races n’existent pas, les personnes racistes oui.

Ou alors il faut renoncer à toute forme de vivre ensemble et aborder la question uniquement du point de vue identitaire, renoncer à tout domaine public et renoncer à des combats inclusifs. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas utiliser le slogan #blacklivesmatter pour justement rappeler que les noirs sont humains ou Français au même titre (et exactement au même titre) que les autres. Pour autant, je ne crois pas que #alllivesmatter soit un crime contre les minorités racisées.

Pour conclure : lorsque le combat contre le racisme depuis un combat contre les « -phobes » renvoyés à leurs peurs irrationnelles (car ils n’ont pas d’avis, ils n’ont pas de raisons, ils ont des positions), il s’interdit de se placer sur le terrain de la raison et ne peut qu’hystériser les débats – à ce titre, le PS a sa responsabilité lorsque, endossant les vieux discours paternalistes, il exotise les banlieues, tout juste bonnes à produire du rap et du hip-hop, productions culturelles respectables mais non les seules que sont capables de produire des « enfants de l’immigration » ; à ce titre l’UMP a sa responsabilité lorsqu’il réifie la culture des immigrés en en faisant un bloc, monolithique, inaltérable et par conséquent insoluble dans nos pratiques chrétiennes, blanches… blabla. A ce titre, les indivisibles sont les enfants de ce type de discours, mais une explication n’est pas une justification (c’est pourquoi quand Houria Bouteldja dit ceci : « C’est pourquoi, de façon analogue, les quartiers populaires répondent à l’homoracialisme par un virilisme identitaire et…toujours plus d’homophobie. Quelle que soit la laideur apparente des réactions, elles ont une motivation commune : une résistance farouche à l’impérialisme occidental et blanc et une volonté obstinée de préserver une identité réelle ou fantasmée, ou en tout cas une identité qui fait consensus. », elle se moque du monde). Lorsque le combat contre le racisme devient un combat servant à justifier le séparatisme masculin/féminin, ce combat n’est pas juste. A ce titre, je trouve extrêmement malsain l’attribution du Y’A Bon Awards à Caroline Fourest (numéro 3 des personnes désignées, je ne m’appesantis pas sur Zemmour qui se crucifie tout seul et Finkielkraut à qui on ne rend pas justice je crois) du moins sur la base des déclarations qui sont montrées ici (à partir de 2 min de vidéo) :

L’universalisme n’est pas un combat facile, « un humanisme abstrait, individualiste et libéral – parfois naïf pour ne pas dire niais », il est difficile de tenir tous les fils ensembles comme Julia Serano, femme trans féministe, le note avec regret (puisqu’elle est parfois renvoyée, même dans des milieux féministes à sa féminité « fausse ») dans son très beau livre Whipping Girl (qui a été traduit en partie sous le titre de Manifeste d’une femme trans) ; mais il me semble que ça vaut la peine parce qu’il s’agit de construire une société où ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare.

Lorsque, enfin, les associations dont je parle prétendent représenter et enrôler tous ceux et toutes celles qui seraient éventuellement dans la situation concernées, elles font fi des dominations réelles et non réductibles à celles apportées par le « colon » (voir en l’occurrence la vidéo en début d’article ou Edwy Plenel fait complaisamment le jeu de ces combattants racistes, dénonçant le « philosémitisme » d’État).

Bref, lorsque le combat contre le racisme revient à attribuer la liberté au niveau de la communauté plutôt qu’aux individus, lorsque la liberté c’est une liberté négative, qui n’est que la liberté de ceux qui ont les moyens de l’assumer, alors la lutte est injuste, et il faut la dénoncer.

A Speaker L. et à Swag O. et Buzz I. !

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