Pour qui voter ? La réponse va vous étonner

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Conscient de la portée de notre influence, nos quelques millions de lecteurs étant régulièrement subjugués par la force de notre argumentaire, ce que nous nous apprêtons à faire est décisif pour l’élection : ce soir, se clôturera la campagne officielle et c’est pourquoi, n’y tenant plus, nos lecteurs nous ont supplié de nous prononcer. Considérant la gravité de la situation, nous avons accepté.

NB : chacun des auteurs de ce blog donne son avis, il y a donc deux parties.

A droite…

L’objet de cet article n’est pas de démontrer que Jean-Luc Mélenchon est l’homme providentiel, détenant toutes les clefs des problèmes de la société. Ce papier n’est surtout pas, de la part de son auteur, une déclaration d’amour inconditionnelle. Que le programme du candidat de la France Insoumise soit critiquable, j’en conviens, et je pourrais commencer en exposant quelques réserves, notamment en ce qui concerne la réforme constitutionnelle ainsi proposée.

La possibilité de révoquer des élus en cours de mandat ? L’idée est belle, mais elle me semble faire fi du besoin de long terme que requiert la politique, à plus forte raison lorsque celle-ci entend se placer dans une position de rupture à l’égard de ce qui a précédé. S’il s’agit de pouvoir « dégager » selon la terminologie en vigueur, un élu corrompu, un responsable qui tourne totalement le dos à ses électeurs, soit. Mais comment s’opèrera la distinction, au sein du peuple, entre l’élu ainsi décrit – et donc légitimement révocable – et celui qui pourrait l’être, du fait de l’impatience d’électeurs-clients qui n’estiment pas que les résultats attendus adviennent aussi rapidement qu’ils l’espéraient, en dépit d’une dynamique impulsée, laquelle ne pourrait porter ses fruits, au centuple, qu’après un temps qui dépassera même celui du mandat dudit élu.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales ? Voilà une question qui me semble relever d’une certaine tiédeur de la part de la FI. Qu’on se le dise, la situation actuelle est inique ; comment expliquer que des nationaux de certains pays puissent exercer leur droit de suffrage, sans pour autant s’engager à plein dans un cheminement civique qui les conduirait à acquérir la nationalité française, quand d’autres en sont exclus ? Mais la solution est-elle pour autant d’étendre ce « machin » qui ressemble à une citoyenneté de pacotille à l’ensemble des étrangers présents sur le sol français ? Je ne le crois pas ; la Révolution Française a forgé, après des atermoiements, un lien inextinguible entre la citoyenneté et la nationalité, qui me semble d’autant moins caduque qu’il peut être assorti d’une acquisition plus aisée de la nationalité française. Parce que les communes ou les départements ne sont pas des enclaves, des communautés civiques séparées de la chose nationale, il est aberrant que ces deux citoyennetés coexistent : ou l’on est français, et intéressé à la res publica, à quelque échelle qu’elle s’exprime, et l’on est en droit d’exercer son métier de citoyen totalement, ou l’on ne l’est pas, et l’on n’est pas autorisé à faire entendre sa voix dans le cadre des enjeux électoraux. Si on le souhaite, on entreprend la démarche qui consiste à devenir français. En attendant, pas de droit de vote pour les étrangers, ni allemands, ni anglais, ni américains, ni marocains, à quelque élection que ce soit. Ou bien on acte l’inanité de la nationalité, puisque plus associée à l’exercice d’une citoyenneté qui lui est viscéralement attachée.

Globalement, le projet de VIe République me laisse circonspect, non pas parce que je n’ai pas confiance dans le projet proposé par Jean-Luc Mélenchon, mais plutôt en raison de cette confiance. Lorsqu’il explique que dès que l’Assemblée Constituante aura posé les fondements de la VIe République « il s’en ira », ceux qui croient en son programme s’inquiètent légitimement, et peuvent aller jusqu’à penser que les institutions de la Ve République, malgré ses défauts, siéraient mieux à sa mise en œuvre, salutaire.

Une fois que l’on a dit ça, et qu’on s’est donc habilement prévenus des attaques en idolâtrie béate, il est possible de commencer à plaider la cause du nouveau tribun de la plèbe. En premier lieu, il convient de l’affirmer sans ambages : Jean-Luc Mélenchon ne propose pas la meilleure politique parmi les candidats en lice, mais il est le seul politique du lot, le seul qui déploie à la fois un programme cohérent, articulant l’ensemble des enjeux propres à la société française contemporaine, et qui se présente pour être véritablement président de la République, et non pas directeur financier et exécutif de la SARL France. Avec Fillon et Macron, nulle vision, nul projet de société, seulement des préceptes de gestion ; ils sont, en cela, totalement raccord avec ce qui est établi en France depuis la fin de l’ère gaullo-pompidolienne (nonobstant l’intermède 1981-1983). Toute leur pensée politique – si louable soit-elle – est empêchée, corsetée, limitée par des carcans imaginaires, mentaux, idéologiques et donc construits. Pour aller vite, l’horizon du libéralisme marchand et financier – dont chacun critique les excès voire les inconvénients à l’occasion – ne peut être vu autrement qu’avec les lunettes de l’inexorabilité. En ce sens, le très beau petit ouvrage de Jacques Généreux, économiste en chef de la France Insoumise, présentait l’avantage d’être programmatique dès son titre : « Nous, on peut » ; la formule est lapidaire, simple, mais elle dit bien l’originalité du phénomène Mélenchon dans cette élection, et les principes sur lesquelles son projet repose. Le refus de la fatalité et l’absence de limites posées à la volonté du peuple devraient être les axiomes de toute entreprise politique, elles apparaissent pourtant incongrues, loufoques voire chimériques. Tout candidat à l’élection présidentielle qui ne souscrit pas à cette ligne de conduite abstraite est a priori disqualifié.

Jean-Luc Mélenchon présente également l’avantage d’offrir quelque chose comme un projet de société et même de civilisation à la France. En ce sens, il apparaît comme le principal – là encore, pour ne pas dire le seul – homme politique républicain dans cette élection. C’est-à-dire un homme pour qui la République n’est pas qu’un ensemble d’institution et de constructions juridiques, mais une ligne de conduite permanente, presque une transcendance ou, pour parler comme Claude Nicolet, une « présence au monde ». Cela s’incarne dans certains points vilipendés de son programme, qu’on peut développer ici. Prenons le cas de la fiscalité réformée, que d’aucuns jugent « confiscatoire ». C’est un terme fort la « confiscation », qui renvoie à l’arrachement brutal, violent et arbitraire, des biens d’autrui, à une spoliation. Ces termes avaient notamment fleuri lors de la présentation par le candidat Hollande de sa

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Tout  ça ?!

proposition de taxe à 75% sur les très hauts revenus. Le camarade assoiffé de sang Mélenchon, avec son couteau entre les dents, va bien plus loin ; 14 tranches d’impôt, dont la dernière définit une contribution à hauteur de 90 % [au passage, c’était une proposition de Piketty lorsqu’il avait publié son livre Pour une révolution fiscale, avec Camille Landais et Emmanuel Saez]. Examinons donc la confrontation entre cette mesure – une taxation presque intégrale au-dessus d’un seuil de revenu de 30 000 euros par mois – et le jugement qui est parfois porté sur celle-ci – confiscation, spoliation, etc. Partant, une question me vient : que dit d’elle-même une société, ou du moins une fraction de cette société, qui considère qu’une liberté fondamentale est atteinte lorsqu’on ne permet pas aux individus de gagner plus de 30 000 euros par mois ? Et si on déroule cette interrogation : qu’est-ce qu’une société dont certains individus considèrent qu’il est inconcevable qu’ils perçoivent moins de 30 000 euros par mois, quand bien même il s’agirait d’une mesure destinée à des millions d’autres individus de vivre plus décemment ? Si l’on laisse de côté l’individualisme le plus forcené, l’égoïsme le plus décomplexé, je ne parviens pas à opposer d’argument sérieux à un tel projet qui ne ferait que concrétiser la solidarité sur lequel repose (ou devrait reposer) tout contrat social. Ah, si, on objectera que ces gens travaillent énormément, ont des qualifications importantes, qu’il est normal de rémunérer indécemment. J’oublie toujours que l’ouvrier non qualifié payé au lance-pierres ne travaille pas vraiment, lui, et que le chercheur génial et surdiplômé, qui œuvre pour la science au CNRS, ne travaille pas non plus. Suis-je bête…

En cela, le projet de Jean-Luc Mélenchon n’est pas moral : il ne s’agit pas de diaboliser tel ou tel comportement individuel, mais d’y réintroduire une notion d’éthique collective ; une société vertueuse n’étant pas un amoncellement d’individus atomisés, mais bien un ensemble solidaire, elle ne peut advenir sans une exigence minimale de solidarité, et de lutte contre les inégalités. La fiscalité évoquée ci-avant, comme la volonté de ne pas dépasser un ratio de 1 à 20 dans l’échelle des salaires au sein d’une même entreprise, matérialisent cette exigence, la rendent palpable, sans pour autant qu’il soit possible de l’assimiler à des délires collectivistes, ainsi que les aimables dossiers des Échos ou du Figaro tendent à le laisser penser. Au fond, les prédictions apocalyptiques de ces titres concernant la possible arrivée au pouvoir de Jean-Luc Mélenchon en disent moins sur ce programme que sur la situation sociale et idéologique d’un tel discours. Quelle indécence il y a à alimenter la panique face à un tel projet, à la présenter comme liberticide, quand les mêmes organes défendent un projet – ou du moins sont complaisants avec – qui proposent d’exiger de la masse des travailleurs non qualifiés (et des autres) qu’ils travaillent jusqu’à 65 ans, plus longtemps et pour un salaire non revalorisé.

On a pu parfois lire que la confrontation d’un programme abstrait avec la réalité concrète des personnes potentiellement touchées par les mesures qu’il contient donnait une image terrible des politiques, et ne permettait pas d’envisager les problèmes de leur complexité. Admettons. Disons simplement que le procédé serait équitable s’il était réservé à tous. Je lance donc une proposition : après nous avoir montré François Fillon impavide, voire indifférent, face à la souffrance d’aide-soignants lessivés par un travail harassant, qu’ils ne s’estiment pas capable de poursuivre jusqu’à 65 ans dans de bonnes conditions, après le spectacle d’un Emmanuel Macron lâchant à un ouvrier : « pour se payer un costard, il faut travailler » (malin, Manu, il le sait, lui, que l’ouvrier en face de lui est un clown, qu’il ne travaille pas vraiment), après la confrontation entre Marine Le Pen et des travailleurs étrangers dont elle propose de taxer – donc de compromettre – l’emploi, pourquoi pas une rencontre entre un trader, un grand patron ou quelque individu qui gagne plus de 30 000 euros par mois, et Jean-Luc Mélenchon, le premier venant expliquer au second que s’il ne lui laisse que cette somme, il va dépérir. Sans avoir vu la scène, et sans faire intervenir quelque sentiment haineux que ce soit, je crois que la compassion me viendrait plus facilement dans certains cas que dans d’autre. Mais au-delà de la compassion, il s’agit d’un positionnement rationnel : peut-on placer au premier rang des préoccupations la lutte contre les déficits, la baisse de la fiscalité sur le capital, la libération du marché du travail, lorsque des inégalités aussi criantes et une souffrance aussi béante s’offrent à l’observation de chacun ? Dire cela, ce n’est rien d’autre qu’affirmer que le facteur humain doit être au cœur de tout projet politique, sinon, à quoi bon ? Alors, oui, peut-être que la retraite à 60 ans, le smic revalorisé, l’allocation d’autonomie pour les étudiants, la sécurité sociale pour tous, cela va « creuser le déficit », mais cela correspond surtout à une considération humaniste essentielle ; encore une fois, un projet de civilisation qui ne mettrait pas la capital humain au cœur de ses objectifs a-t-il véritablement une raison d’être ?

Pour la première fois depuis bien longtemps, un tel projet semble en mesure de jouer un rôle majeur dans une élection capitale. Souvent plombé par les exigences du sacrosaint « vote utile », il semble au contraire aujourd’hui être porté par une dynamique – sondagière donc à relativiser, certes – favorable. Face à un bloc libéral et conservateur (au sens de la doctrine économique) qui n’a jamais été aussi haut, et face à un candidat socialiste louable, qui n’a pas démérité et proposer une alternative salutaire à la poursuite du quinquennat (mais cette épiphanie était sans doute trop tardive et trop fragilisée par un parti à l’agonie et divisé), le vote Mélenchon n’est pas le vote utile à gauche, il est le vote nécessaire.

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JLM approuve ce message

… Et à gauche :

Quant à moi, j’aimerais exposer une deuxième série de raisons qui pourraient pousser à voter Mélenchon. Je souscris tout à fait à ce qui a été dit sur le facteur humain, j’ajouterais que la politique devrait se soucier du sort des plus vulnérables et il me semble que le programme s’en soucie largement, et c’est à mon avis celui qui s’en soucie le plus. Ce n’est pas là-dessus, pourtant que je vais insister.

Fondamentalement, ce qui est intéressant dans le projet de la France Insoumise (FI) c’est qu’il croit en la compétence des citoyens : le problème est qu’il fallait convaincre face au mur des médias, face au mur d’une idéologie selon laquelle la dépense publique c’est mal, la France est en faillite ou au contraire dans un monde qui bouge et qu’on ne doit pas rater. On pourra utilement observer la posture de M. Fillon lors du premier débat : peu de parole mais la simple sagesse du réel inéluctable que lui avait compris. M. Fillon c’est un peu l’huissier qui vous demande de solder les comptes. M. Macron c’est le banquier (ah tiens…) qui vous propose avec un grand sourire un quatrième crédit revolving à seulement 75 % pour les dépenses courantes en vous faisant miroiter l’apurement de vos problèmes précédent si seulement vous consentez à remettre le couvert et à refaire tout ce qui vous a mis dans la situation dans laquelle vous êtes. Autant dire qu’on avait du très lourd en face. Du très lourd qui peut se résumer par : la force de l’habitude. Il fallait donc imposer un style et inscrire dans le champ des possibilités envisageables de chacun l’idée qu’on peut faire autrement. Et surtout que nous pouvons faire autrement : il faut passer de la verticalité à l’horizontalité, des vieilles méthodes aux nouvelles, du joug du passé au goût du futur. Contrairement donc à ceux qui lisent trop vite, le programme de la FI n’est pas l’avatar d’un étatisme communiste d’un autre temps, c’est tout autre chose qui s’est passé cette année. Cela a certes conduit à l’abandon d’un certain nombre de vieux symboles, afin de ne pas traîner le passé toujours là mais le futur à construire ; encore qu’ils ne furent pas à jamais remisés, mais simplement présentés comme des instruments comme les autres et ne devant pas prendre toute la place dans la nouvelle culture politique populaire qu’il s’agissait de construire.

Et cela a fabuleusement marché.

La leçon de cette campagne c’est que ce sont ceux qui travaillent le plus et qui s’impliquent le plus qui font les plus grandes choses. On peut discuter des heures pour savoir quel est le meilleur programme ou quelle mesure exactement serait vraiment plus mieux qu’une autre. Mais la démonstration qu’a fait la FI c’est que rien ne valait l’implication de gens motivés et sérieux : ainsi la FI a pu mobiliser 2000 bénévoles (imaginons le coût financier d’une telle mobilisation si les gens avaient été salariés) pour organiser le sextuple meeting de Dijon/Nantes/… etc, (meeting pourtant extrêmement risqué parce que techniquement compliqué). J’aimerais donc montrer que la campagne a eu deux effets au moins :

1. La démonstration. Des groupes parfaitement hétérogènes et ne se connaissant pas entre eux ont orienté leur effort vers un but identique et sont parvenus à créer qui un programme en ligne consultable avec possibilité de rechercher, qui un jeu vidéo, qui des « memes », qui des vidéos, qui des groupes de parole. Et tous ces gens se sont mis en mouvement pour produire une campagne je crois bien plus réussie que celle des autres candidats, preuve donc que plus que la compétence auto-décernée des experts, ce qui compte c’est l’envie et la motivation de gens sachant ce qu’ils peuvent faire et où ils peuvent servir. En somme, c’était entre toute une campagne démocratique (et cela tombe bien car la démocratie est au centre du programme). Pas une campagne participative à la Ségolène Royal où on imposait des questions aux gens qui voulaient bien répondre (CSP+ politisées), mais une véritable campagne partant du bas où le candidat répondait aux questions des gens ordinaires (dans les F.A.Q. par exemple) sur le modèle horizontal d’internet, une campagne où le programme a été écrit par les concernés après avoir écoutés attentivement des acteurs d’associations ou d’ONG dont c’est la spécialité (et pas seulement de sinistres vautours secouant la tête pour dire que c’est impossible), une campagne où on a fait du porte à porte, du phoning, des conférences. En somme, Mélenchon, quelles que soient ses qualités, n’a fait que porter (avec un grand talent, ne nous en cachons pas) la voix d’un mouvement dont l’énergie se trouvait dispersée et seulement potentielle. En somme, plus qu’une campagne, c’était une démonstration. Démonstration que les gens peuvent faire, sont capables et que nous avons les moyens de changer car les ingrédients du changement sont déjà là, présents. Le mérite qu’a eu la campagne a été de montrer : contre le déclinisme, contre la fatuité, contre les procès en incompétence. Et c’est ainsi que des mots vides comme égalité, justice, blabla se sont chargés d’un contenu extrêmement puissant et informé (qu’il suffise de voir le programme, les livrets programmatiques, l’émission de chiffrage, etc.) tendant vers une conclusion : il n’y a pas de limite à l’implication populaire.

2. L’éducation populaire. Mais bien entendu, en faisant, les gens ont pris confiance en eux, et bien sûr ils se sont impliqués : parce qu’ils ont vu que cela fonctionnait, que cela avait des effets, que le discours était reçu, que l’on pouvait. En somme, les gens sont devenus des citoyens. La campagne aura donc été un moment de démonstration de force, de compétence, mais cette force et cette compétence n’existaient pas tant qu’elles n’étaient pas actualisées. Ce fut donc aussi un formidable moment d’éducation populaire : des désintox, des réseaux sociaux se sont mis en place, l’information a circulé comme jamais et les gens ont appris qu’on pouvait répondre à la mauvaise foi et aux attaques. Ainsi, les jets de boue de la part de nos éditocrates favoris n’ont reçu qu’éclats de rire (Jean-Luc Mélenchon qui meurt de rire lorsqu’on lui

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Il est grognon, comme JLM. Coïncidence ? Je ne pense pas.

dit qu’il veut quitter l’UE pour rejoindre le Vénézuela et la Russie et Voldemort) et joie renouvelée par la compréhension véritable que lesdits éditocrates ont tout simplement peur, et qu’ils sont mauvais, qu’ils n’ont plus la main. Cela a été possible grâce aux développements de circuits médiatiques alternatifs et participatifs permettant de contourner les médias traditionnels. Cela a donc contribué à la construction d’une force spécifique et indépendante (quoi que pas complètement, bien sûr).

C’est bien une démonstration de force que nous avons fait : démonstration que le peuple pouvait encore s’impliquer, que la politique n’était pas morte, qu’un projet progressiste était encore possible. Mais nous n’avons pas réveillé le mouvement d’un quelconque sommeil, nous l’avons construit. Ce n’est pas que nous avons exécuté les anciens militants, mais ils nous ont aidés pour produire quelque chose d’inédit et propre à notre temps. Non que nous ayons remisé au placard les antiennes immémoriales, mais nous les avons reprises à nouveaux frais dans des luttes qui ont à nouveau du sens et donc susceptibles de bouger les masses et d’en faire un peuple : mettant au jour une démocratie qui concernerait les citoyens, la nature et l’entreprise. Bref, nous avons montré en petit ce que nous voulions faire en grand. Et nous avons prouvé que c’était possible, et ce faisant nous avons appris et appris à d’autres que c’était possible. Nous n’avons pas professé du haut de chaires séculaires (coucou Elkabbach ou Duhamel), prouvé par A+B que nous avions raison et les autres torts par les saintes lois éternelles de l’économie révélée.

« En fait, on s’est trompés ! Le danger, c’est pas Le Pen, c’est Mélenchon ! Désolé les arabes, mais on préfère notre argent. » – Pierre-Emmanuel Barré, 19 avril 2017.

Nous avons simplement prouvé le mouvement en marchant : bah si on peut, on l’a fait ; tout ce que nous proposons existe, la matière pour le faire est disponible ; votre voisin le fait déjà, votre cousin y a réfléchi, un type à la Réunion a des prototypes, il ne manque que la visibilité et l’impulsion politique, c’est-à-dire en l’espèce la conscience que tout cela existe. Le pouvoir ici a tout à voir avec la conscience : nous sommes forts car nous en avons conscience.

Un mot encore, donc : nous perdrons peut-être. Évidemment. Mais il faut mesurer l’immense chemin qui a été parcouru. En toute hypothèse, nous ferons un score impensable il y a encore quelques mois, le PS a perdu la confiance des uns et des autres et nous représenterons une force avec laquelle il faudra désormais compter, mais une force qui n’est pas à vendre, une force consciente et autonome capable de prendre le pouvoir lorsque le moment sera venu (et on espère que ce sera dimanche, pour commencer). Aussi, nous représentons une véritable alternative au FN, contre tous les faux boucliers comme M. Macron ou je ne sais quelle chèvre du PS (je ne parle pas de M. Hamon) qui gagnerait certes mais pour mieux perdre la prochaine fois, de toute façon prêt à tout abandonner pourvu qu’aucune politique ne remettant en cause les intérêts véritables qu’il s’agit de protéger. Alors nous perdrons peut-être, mais il n’est qu’à voir les soubresauts du système pour voir qu’il craque, qu’il est à bout de course. Malheureusement, chaque année perdue renvoie à plus tard des questions cruellement urgentes : il faut donc se dépêcher d’en finir et aller voter dimanche !

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PS : allez jouer à Fiscal Kombat !

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